VOYAGER AUTREMENT : LA FRANCE EN AUTO STOP

20.000 kilomètres, plus de 700 conducteurs, 81 départements traversés et visités, c’est le bilan d’Anouk, 21 ans, et Pierre-Elie, 25 ans, au bout de 8 mois de voyage en auto stop à travers toute la France. Inspirés par de nombreuses lecture et par l’émission de télévision « Nus et Culottés », et après un an de préparation, ils ont choisi de vivre sur la route, sans argent et sans itinéraire.

Leur aventure mérite d’être racontée : ils ont choisi d’avoir confiance en l’humanité, ils ont eu le courage de se dire « on part, et on verra bien », ils ont choisit de vivre libérés des diktats de la société. C’est une autre façon de voyager et de vivre que je voulais tout d’abord expérimenter, voir de mes propres yeux, puis raconter. On nous pousse à croire qu'en France, c’est le « chacun pour soi » qui règne. Anouk et Pierre Elie nous prouvent le contraire, et c’est un souffle d’optimisme qui se doit d’être partagé.

Auto stoppeurs aguerris, ils ont choisi de se donner le temps de rencontrer, d’échanger, d’accepter ce qu’on leur propose, de ne pas se bloquer par des itinéraires ou par des dates. Ils sont ainsi partis sur les routes depuis octobre 2017. Vivre sans argent est un choix assumé : ils préfèrent « utiliser l’existant » lorsque c’est possible, revoir ses besoins et ses envies lorsque nécessaire, et n'ont ici rien dépensé depuis le début de leur voyage. Si au début de leur projet ils avaient prévu du matériel de camping, ils ont rapidement choisi de voyager plus léger. Ils vivent ainsi depuis 8 mois logés chez l’habitant, empreint d’une confiance totale dans la solidarité et l’humanité des personnes qu’ils rencontrent.

« le stop représente bien plus qu’un mode de déplacement, nous l’élevons au rang d’art de vivre, et on partage souvent plus qu’un simple trajet. »

Un sac à dos léger, quelques victuailles, une carte de France pour se donner une vague idée de direction, Anouk et Pierre-Elie ont choisit de posséder peu, mais de beaucoup s’enrichir. Leur aventure provoque diverses réactions : certains sont impressionnés, d’autres étonnés, d’autres encore émerveillés et semble vivre l’expérience par procuration. Pour la plupart, entendre leurs aventures donne de l’espoir : si les Hommes doutent de l’Humanité, c’est parce que la plupart restent confiné dans leur monde et ne se confronte pas aux autres.

Autre constat plus amer pour Anouk et Pierre-Elie, est celui de se rendre compte que beaucoup de Français sont insatisfaits de leur vie, en sont prisonniers, certains même consciemment : « on est formatés, travail, facture, maison, enfants, et pas de rêves ».

« peu importe l’argent lorsqu’on a du temps… et du temps, on en a ! Nous echangeons, nous glanons, nous troquons, ce qui nous garantit une expérience enrichissante ! »

Si cela peut paraître improbable, ce jeune couple n’a jamais eu à passer une nuit dehors. Il ont toujours trouvé des personnes (la plupart du temps des conducteurs, emballés par l’idée de faire partie du projet pour une nuit), qui ont proposé d’ouvrir leur porte et de partager leur table. Pour ce qui est de se nourrir pour le déjeuner, Anouk et Pierre-Elie se rendent dans les supérettes pour demander les invendus. Si la loi interdit cette pratique, beaucoup préfèrent donner que jeter. Bien souvent ce sont les petites enseignes, notamment de produits bio, qui sont le plus sensible à leur aventure.

« l’auto stop est politique : l’auto stoppeur résiste à la société matérialiste dans laquelle il faut une voiture individuelle, à la société destructrice de l’environnement, à la société apeurée qui fait croire que la menace est partout, à la société marchande ou tout à un coût, à la société cloisonnée. »

S’ils se sont contenté de voyager ainsi en France pour leur première expérience, ils n’excluent pas de mener ce même projet à l’étranger. Mais pour le moment, leur prochain projet est de réussir à se rendre en Corse en bateau stop. Ils visitent ainsi un par un tous les départements de France, grâce à l’aide des habitants qui connaissent mieux leur région qu’un guide touristique.

Leurs aventures sont suivis par plus de 3000 personnes sur leur page Facebook (https://www.facebook.com/voyageznousenFrance/), et via leur blog (https://voyagez-nous.wixsite.com/voyagez-nous) sur lequel ils écrivent le récit de leur quotidien. Grâce à divers partenariat, leurs aventures sont également suivis par 4 classes d’école, notamment 2 classes ULIS, avec lesquelles ils interagissent chaque semaines. Ils espèrent faire voyager ces jeunes, malades, handicapés ou en en grandes difficultés scolaires. Dernièrement, ils ont également été inviter à donner des conférences lors de festivals, notamment le « festival de l’auto stop » ou encore le « festival du voyage lent ».

Face à tout cet emballement autour d’eux, de leur projet et de leurs aventures, leur devise venu d’un proverbe tibétain reste immuable : « le bonheur n’est pas au bout du chemin, c’est le chemin qui est le bonheur. »

Maud DUPUY

le 23,24 et 25 mai 2018.

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