Rennes : Migrants, sans papiers et sans abris.

 

Depuis maintenant presque un mois, le collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes lutte auprès des migrants pour que ceux-ci se voient attribuer des logements.

 

Depuis le 12 septembre, date à laquelle a été lancé la 1ère occupation (celle de la CRIJ de Rennes), la situation n'avance pas. La Mairie de Rennes s'est engagée à loger les familles avec enfants, mais malheureusement celles-ci sont bien souvent remises à la rue. Quant aux personnes seules ou en couple, mais sans enfants, aucunes solutions ne sont avancées pour elles. La loi interdit à ces demandeurs d'asile de travailler, elles sont donc dans l'incapacité de se loger par elles-mêmes. Et l'état ne joue pas son rôle de mise à l’abri.

Après plusieurs occupation (CRIJ, gymnase ouvert par la mairie, TNB, la MCE, la maison diocésaine mise à disposition par le diocèse) sur trois semaines, migrants et militants sentant la fatigue s'accentuer, la mairie ayant fermé le gymnase mis précédemment a disposition pour les familles avec enfants, l'Assemblée générale a choisi d'investir les locaux de l'université de Rennes 2 pour durcir le mouvement et enfin faire bouger la situation. C'est donc une trentaine de migrants qui se sont installés dans les locaux attribués par la présidence de l'université depuis mercredi 3 octobre. La présidence de l'université leur a donc permis d'investir 5 salles (2 grandes et 3 petites). Le soir même, la cantine des luttes avaient prévu une soixantaines de repas pour nourrir migrants et militants.

Ce moment de "répit" pendant lequel militants et migrants n'ont pas à chercher un nouvel abris leur permet notamment de mener des actions à but plus politique, pour tenter de se faire entendre. C'est en ce sens qu'ils ont choisi de se présenter devant la ministre du travail, Muriel Penicaud, jeudi 4 octobre, en visite à Rennes pour présenter le plan pauvreté. Plus apte à en parler qu'à y faire face, cette dernière n'a pas daigné jeter un regard au petit cortège qui s'était massé au pied de l'immeuble (au pied de l'immeuble, mais quand même à 50 mètres de l'entrée, ne pouvant dépasser la file de policier qui se sont précipités pour bloquer le passage dès l'arrivé du cortège). Pire encore : face aux slogans scandés par les militants demandant des logements pour tous, Muriel Penicaud arborait un grand sourire. Visiblement, elle n'est pas sourde mais dédaigneuse certainement.

Actuellement, ce sont toujours des dizaines de personnes qui sont abrités dans l'université Rennes 2. Sans solutions pour le moment, leur situation reste toujours aussi précaire. Si la lutte vous intéresse, n'hésitez pas à vous rendre sur la page Facebook du collectif de soutien aux personnes sans papiers de rennes . les AG ont lieux chaque jour, en fin de journée, en période de lutte comme celle-ci, et sont ouvertes à toutes et tous. Chaque renfort est apprécié.

Maud DUPUY

Rennes, 3 et 4 octobre 2018.

© tous droits réservés.

  • Instagram - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle

© Maud DUPUY, Tous droits réservés.