UNE PARCELLE POUR CULTIVER LE MONDE DE DEMAIN

Les jardins familiaux, anciennement « jardins ouvriers », apparus au XIXe siècle, sont des parcelles de terrains mises à disposition par les municipalités. S'ils étaient à l'origine plutôt mal vus, synonymes de misère sociale car destinés à améliorer les conditions de vie ouvrières par la culture potagère, ils connaissent aujourd?hui un regain d'intérêt. Face aux préoccupations actuelles sur le réchauffement climatiques, les OGM, les pesticides, grâce à l'engouement pour l'agriculture biologique, la consommation locale et responsable, les jardins familiaux connaissent une nouvelle vie. Encore davantage depuis le confinement, les français souhaitent se remettre au vert, se disent que le monde de demain doit être différent du monde d'hier. Gérés par des associations privées, les parcelles sont affectées à des particuliers pour leur propre production uniquement, et ce pour ceux qui n'ont pas de jardin chez eux. L'association demande à ses cotisants de respecter le quota de trois quarts de cultures maraîchères variées pour un quart de cultures florales. L'utilisation doit restée vivrière. Moyennant une cotisation de 55€ par an, Kervenanec propose 116 parcelles. Ces jardins ont par ailleurs objectifs de créer du lien social dans les quartiers, de valoriser des terrains impropres à la construction, et d'enrichir la biodiversité des communes. L'enthousiasme est tel qu'aujourd?hui, la demande dépasse l'offre, entraînant des délais d'attente pouvant aller jusqu'à plusieurs années pour obtenir une parcelle.

Florence est propriétaire d'un appartement au 4ème étage d'une tour dans le centre ville de Lorient, en Bretagne.Elle apprit par hasard l'existence des jardins familiaux de Kervénanec, un quartier populaire de Lorient. Elle obtient sa parcelle en décembre 2019. D'un terrain laissé à l'abandon par l'ancien occupant, elle réussi à en faire une terre cultivable lui rapportant maintenant légumes, fruits et plantes aromatiques. Du défrichage à la récolte, l'apprentissage s'est fait sur le tas. Florence a du apprendre les techniques, gestes et calendrier au fur et à mesure, au gré des saisons. Après quelques échecs dus aux maladies des plantes ou aux insectes nuisibles, elle commence malgré tout ses premières récoltes dès le début de l'été : Petits pois, fraises, menthe, courgettes, oseille, pommes de terre, radis, tous ont un petit goût de victoire.

A seulement quelques kilomètres de son appartement, cette parcelle de terrain permet à Florence de se mettre au vert, d'y passer quelques après-midi ou soirées par semaine, de pratiquer une activité bénéfique, de s'offrir une alimentation plus saine, de rencontrer ses voisins de jardins tout en cherchant à devenir de plus en plus autosuffisante. Cette première année a été celle de l'expérimentation pour Florence : elle a appris, essayé, raté ou réussi. Le but n'était alors pas d'avoir de grandes récoltes prolifiques, mais de réussir quelques unes d'entre elles. Elle compte bien gagner en expérience pour les années à venir.

Maud DUPUY

2020

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